Par Espoir BOTUMBA
La prise de position de Jacques Issongo, figure du mouvement citoyen LUCHA, ravive le débat déjà brûlant autour du projet de révision constitutionnelle en République démocratique du Congo. Dans une déclaration rendu public ce jeudi 19 mars 206/26 dont une copie est parvenue à Opulence.cd, le militant appelle à un recentrage des priorités nationales, loin des ambitions politiques jugées opportunistes.
« La priorité n’est pas de changer les règles, mais de restaurer l’intégrité de l’aire de jeu », affirme-t-il d’entrée, posant le ton d’une critique frontale. Pour Issongo, la réforme constitutionnelle actuellement évoquée ne répond à aucune des préoccupations majeures de la population congolaise.
Une réforme “hors-sol” face aux urgences
Dans son argumentaire, le militant dresse un constat sévère : insécurité persistante à l’Est, flambée des prix, pauvreté croissante… autant de défis auxquels le projet de révision reste, selon lui, totalement indifférent.
« Il ne fait pas taire les armes à l’Est. Il ne résout pas la crise inflationniste. Il ne pallie pas la misère sociale galopante », martèle-t-il. Une série de griefs qui résonnent auprès d’une opinion publique déjà éprouvée par des crises multiples.
L’article 220, ligne rouge politique
Au cœur des inquiétudes soulevées par la LUCHA : la possible remise en cause de l’article 220 de la Constitution.
Ce dernier verrouille notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Pour Issongo, cet article n’est pas une simple disposition technique. Il constitue « le pacte de stabilité issu de l’Accord de Sun City », un compromis historique ayant permis de stabiliser le pays après des années de conflit.
« Toucher à ce sanctuaire, c’est briser le contrat social qui lie la Nation depuis 2006 », avertit-il, laissant entendre qu’une telle initiative pourrait raviver les tensions politiques et fragiliser davantage les institutions.
Une accusation de “pérennisation du système”
Au-delà des arguments techniques, c’est la finalité même du projet qui est remise en cause. Selon Issongo, la révision constitutionnelle s’inscrit dans une logique unique : « la pérennisation du système ».
Une accusation lourde de sens dans un contexte où la méfiance envers la classe politique reste élevée. Pour la LUCHA, toute réforme institutionnelle devrait avant tout répondre aux aspirations populaires, et non servir des intérêts de conservation du pouvoir.
Un débat loin d’être clos
Alors que les discussions autour d’une éventuelle modification de la Constitution continuent de diviser la classe politique et la société civile, cette sortie médiatique relance la pression sur les autorités.
Entre impératifs de stabilité institutionnelle et revendications sociales urgentes, le débat s’annonce déterminant pour l’avenir démocratique du pays. Une chose est sûre : la question constitutionnelle, loin d’être technique, demeure profondément politique.










