Par Espoir BOTUMBA
La province du Sud-Kivu traverse une crise financière sans précédent suite à l’occupation de plusieurs de ses territoires par les rebelles de l’AFC/M23. Le gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi, a révélé que le Sud-Kivu a perdu 84 % de ses recettes provinciales, une situation qu’il qualifie de « catastrophique » pour l’économie locale et le fonctionnement des institutions provinciales.
S’exprimant lors d’un briefing presse organisé à Kinshasa par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le gouverneur a indiqué que les zones sous contrôle des rebelles génèrent aujourd’hui des recettes estimées entre 17 et 20 millions de dollars américains par mois, des fonds qui échappent désormais à l’administration provinciale légitime.
Selon Jean-Jacques Purusi, ces ressources financières, issues notamment des activités commerciales et minières, sont redirigées hors du territoire national. « Tout traverse au Rwanda », a-t-il déclaré, dénonçant un système d’exploitation économique parallèle qui prive la province et l’État congolais de moyens essentiels pour financer les services publics et le développement local.
Une économie provinciale fragilisée
La perte massive des recettes a des conséquences directes sur le fonctionnement des services publics au Sud-Kivu, notamment dans les secteurs prioritaires tels que la santé, l’éducation et les infrastructures. Les autorités provinciales peinent désormais à assurer le paiement régulier des agents publics et à maintenir les programmes de développement en cours.
Cette situation intervient dans un contexte sécuritaire déjà tendu dans l’est de la République démocratique du Congo, où les affrontements entre les forces armées congolaises et les groupes armés continuent d’affecter gravement la stabilité économique et sociale des populations locales.
Kinshasa dénonce une exploitation illégale
Lors de ce même briefing, les autorités congolaises ont réitéré leur dénonciation des circuits économiques illégaux qui, selon elles, alimentent les groupes armés actifs dans l’est du pays. Elles appellent à une mobilisation accrue des partenaires nationaux et internationaux afin de mettre fin à ce qu’elles qualifient de « pillage organisé » des ressources naturelles et financières du pays.
Le gouvernement central affirme poursuivre ses efforts diplomatiques et militaires pour restaurer l’autorité de l’État dans les territoires occupés et permettre au Sud-Kivu de retrouver ses capacités économiques.
Un défi majeur pour la reconstruction
La perte de 84 % des recettes provinciales représente un défi majeur pour la gouvernance locale et la reconstruction économique du Sud-Kivu. Pour les autorités provinciales, le retour à la stabilité sécuritaire demeure la condition essentielle pour relancer l’économie et rétablir la collecte normale des recettes publiques.










