RDC : Adolphe Muzito réaffirme la légitimité de Tshisekedi et dévoile les grandes lignes du budget 2026

Par Guy Yuma

Le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, a justifié sur RFI son entrée au gouvernement de Félix Tshisekedi après près de sept années passées dans l’opposition. Pour l’ancien Premier ministre, « le dialogue ne peut se faire qu’autour de M. Tshisekedi. Ce n’est pas le dialogue qui donne la légitimité. M. Tshisekedi est déjà légitime ». Il insiste : le chef de l’État incarne la légalité nationale et la cohésion dont la République démocratique du Congo a besoin face à « l’agression extérieure » dans l’Est du pays.

Répondant aux critiques de ceux qui réclament un dialogue politique national avant toute participation au pouvoir, notamment Martin Fayulu et les Églises catholique et protestante, Muzito estime que Félix Tshisekedi reste ouvert mais qu’il appartient au président d’en garantir le cadre et la légitimité. « Il veut associer tous les Congolais pour parler d’une même voix et renforcer la cohésion nationale », a-t-il souligné.

Interrogé sur le procès visant l’ancien président Joseph Kabila pour complicité avec les rebelles du M23, l’ex-chef du gouvernement a appelé au respect de l’indépendance de la justice. Il dit ne pas comprendre l’attitude de son ancien mentor, qu’il accuse d’avoir soutenu une rébellion contre son propre pays, mais se montre confiant dans le refus du président Tshisekedi d’appliquer une peine capitale.

Sur le plan économique, Adolphe Muzito a présenté les grandes lignes du budget 2026. Il prévoit 12 milliards de dollars de ressources propres contre 8,5 milliards à la fin du précédent quinquennat et 5 à 6 milliards de financements extérieurs, notamment via un programme de 3 milliards du FMI. Ce budget doit permettre de financer les infrastructures, d’équiper l’armée et d’améliorer les salaires des fonctionnaires en supprimant les effectifs fictifs de l’administration publique. « Nous sommes sur la bonne voie », a conclu le vice-Premier ministre.