RDC : Denis Mukwege met en garde contre tout “glissement” électoral et rejette l’idée d’un référendum sous prétexte sécuritaire

Par la Rédaction

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege est monté au créneau sur le débat autour d’un éventuel report des élections générales prévues en 2028 en République démocratique du Congo. Dans une déclaration aux accents politiques forts, il a dénoncé les spéculations évoquant un possible “glissement” du calendrier électoral en raison de l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Selon Denis Mukwege, les arguments sécuritaires avancés pour justifier une éventuelle impossibilité d’organiser les élections dans l’Est du pays devraient également empêcher toute initiative visant à organiser un référendum national sur une modification de la Constitution.

« Si certains spéculent déjà sur un probable report des élections prévues en 2028 et un nouveau glissement du calendrier électoral, en invoquant des raisons sécuritaires qui priveraient plus de 12 millions de citoyens du Nord et du Sud-Kivu de leur participation au scrutin, les mêmes raisons empêcheraient l’organisation d’un référendum national permettant au souverain primaire de s’exprimer sur un changement de la Loi fondamentale », a-t-il déclaré.

À travers cette prise de position, le docteur Mukwege semble mettre en garde contre toute tentative de réforme constitutionnelle dans un contexte marqué par la guerre et les déplacements massifs de populations dans l’Est de la RDC. Pour lui, il serait incohérent d’évoquer l’insécurité pour reporter des élections tout en envisageant simultanément une consultation populaire d’envergure nationale.

Cette déclaration intervient alors que le débat politique autour d’une éventuelle révision de la Constitution continue d’alimenter les tensions au sein de la classe politique congolaise. Plusieurs figures de l’opposition et acteurs de la société civile soupçonnent déjà des manœuvres visant à prolonger le mandat du président Félix Tshisekedi au-delà des limites actuelles fixées par la Constitution.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la situation sécuritaire demeure particulièrement préoccupante, avec la persistance des affrontements armés, des déplacements de populations et une crise humanitaire grandissante. Un contexte qui nourrit les inquiétudes sur la capacité des institutions à garantir des élections inclusives et transparentes à l’horizon 2028.

Par cette sortie médiatique, Denis Mukwege relance ainsi le débat sur la préservation de l’ordre constitutionnel et sur la nécessité de garantir à tous les citoyens congolais, y compris ceux des zones en conflit, leur droit de participer aux grandes décisions démocratiques du pays.