Par Espoir BOTUMBA
Le parti présidentiel franchit une nouvelle étape dans le débat sur la réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. À travers une déclaration offensive de son secrétaire général , l’UDPS assume désormais ouvertement sa volonté de s’appuyer sur la Constitution issue de la Conférence nationale souveraine de 1992 pour engager une refonte de la Loi fondamentale actuelle.
Dans une sortie au ton résolument politique, Augustin Kabuya a affirmé que son parti entend remettre au centre des discussions le texte élaboré lors de la Conférence nationale souveraine, considérée par plusieurs acteurs comme l’un des grands moments de consensus politique de l’histoire contemporaine du pays.
« Nous devons reprendre la Constitution de 1992, rédigée sans pression par tous les Congolais lors de la Conférence nationale souveraine. Les travaux étaient dirigés par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. Le cardinal Fridolin Ambongo doit avoir une copie de cette constitution. Nous allons l’adapter à nos réalités. Soyez sans crainte, Monsieur le président Félix Tshisekedi. Nous sommes derrière vous », a déclaré Augustin Kabuya.
À travers cette déclaration, l’UDPS cherche manifestement à donner une légitimité historique et nationale à son projet de réforme constitutionnelle. En invoquant la Conférence nationale souveraine — forum emblématique ayant réuni forces politiques, religieuses et sociales au début des années 1990 — le parti présidentiel tente de présenter cette démarche comme un retour à une vision élaborée “par les Congolais eux-mêmes”, loin des influences extérieures ou des compromis politiques contestés.
La référence au cardinal , qui avait dirigé les travaux de la CNS, ainsi qu’à l’actuel archevêque de Kinshasa , traduit également la volonté de l’UDPS d’ancrer son discours dans une mémoire politique fortement liée à l’Église catholique, acteur majeur des grandes transitions démocratiques en RDC.
Cette prise de position confirme surtout la détermination croissante du camp présidentiel à ouvrir le chantier constitutionnel malgré les critiques de l’opposition et de plusieurs organisations citoyennes. Depuis plusieurs mois, les débats autour d’une éventuelle révision de la Constitution alimentent les tensions politiques dans le pays, certains opposants redoutant une réforme susceptible de modifier l’équilibre institutionnel actuel.
En affichant publiquement son soutien au président , Augustin Kabuya donne le ton d’une mobilisation politique qui pourrait s’intensifier dans les prochains mois autour de cette question sensible. Pour l’UDPS, il ne s’agit plus simplement d’un débat théorique, mais d’un projet politique assumé visant à “adapter” les institutions congolaises aux réalités actuelles du pays.
Alors que le sujet continue de diviser la classe politique, cette sortie du secrétaire général de l’UDPS marque un tournant : le parti présidentiel semble désormais décidé à avancer ouvertement sur le terrain de la réforme constitutionnelle, en revendiquant l’héritage politique de la Conférence nationale souveraine comme fondement de sa démarche.










